Michel Tartakowsky portrait

 

 

Michel Tartakowsky, 1923-2015

 

Michel Tartakowsky, responsable du service des correspondants durant quarante ans, ancien résistant devenu journaliste de l’Humanité, est décédé à l’âge de 92 ans. Ses obsèques auront lieu jeudi au Père-Lachaise.

Le nom de Michel Tartakowsky est familier à l’Humanité. Tellement familier, celui que ses collègues surnomment «Tarta» est un point d’amarrage, un des plus solides et ardents animateurs de la vie du journal durant près d’un demi-siècle.

Né le 30 novembre 1923 à Paris, il est entre 1957 et 1999 le grand ordonnateur du travail des milliers de correspondants de l’Humanité. Ce service, qui était bien plus qu’un service, se constituait d’un réseau de militants, rédacteurs de dépêches, photographes et reporters. Cette agence de presse informelle comptait des correspondants-militants répartis sur l’ensemble du territoire et alimentait la rédaction d’informations de première main et prises de vue exclusives.

Au même titre que les comités de diffusion (CDH), les «correspondants» ont représenté «une autre façon d’être lecteur de l’Humanité», selon l’expression de l’historien Alexandre Courban. On dénombre ainsi 2 387 correspondants en 1968. Si leur création se situe dans l’entre-deux-guerres, dans les années 1920-1930, ces deux formes d’engagement en faveur du journal quotidien et hebdomadaire se développent véritablement, et en particulier la correspondance de façon quasi professionnelle, après la Libération. Michel Tartakowsky y joue un rôle primordial.

 

Le jeune Parisien se politise

Son entrée, en janvier 1953, au sein de la rédaction de l’Humanité fait suite au combat contre la barbarie nazie. Fils de juifs réfugiés de Russie, Michel (Roland pour l’état-civil) Tartakowsky accomplit ses études primaires dans le quartier de la Goutte-d’Or. Après son certificat d’études, il entre à treize ans comme apprenti chez un maroquinier et devient riveur en maroquinerie.

Le jeune Parisien se politise et milite avec les Jeunesses communistes. Désireux de se battre, il rejoint la zone Sud en 1941 et s’engage à Lyon au sein de l’Union de la jeunesse juive (UJJ). Dans les mois qui suivent, il contribue à la création de groupes de combattants de la MOI, la résistance FTPF. Passant de Lyon à Limoges, il dirige une unité du maquis en février 1943 et participe à la libération de Limoges le 21 août 1944.

Fin 1945, il revient à Paris. Là, il se marie, le 25  juillet 1946, avec Sophie Lachminovitch (qui était, dans la Résistance, agent technique de Charles Lederman, le dirigeant de l’Union des juifs pour la résistance et l’entraide, UJRE). Michel Tartakowsky milite au PCF à Paris.

 

Journaliste

Le 7 juillet 1946, il devient journaliste à l’Union française d’information (UFI), agence de presse pour dix-sept quotidiens du PCF et du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France. En 1953, c’est l’Humanité. L’ancien résistant signe ses articles sous le pseudonyme de Roland Michel. Il est d’abord affecté à la rubrique Front du travail (avec Octave Rabaté comme responsable), avant d’animer en 1955 la « rubrique de la paix » (une page quotidienne contre la bombe atomique).

Mais surtout, de 1957 à 1999, il réorganise et dirige le service des correspondants de l’Humanité. Il est également rédacteur en chef de l’Almanach de l’Humanité, de 1962 jusqu’en 1997. On peut aujourd’hui mesurer l’ampleur de cette aventure humaine des correspondants en consultant le fonds notamment photographique remis aux archives départementales de Seine-Saint-Denis, à Bobigny.

Au nom des équipes de l’Humanité, le directeur du journal, Patrick Le Hyaric, a adressé un message de condoléances à sa compagne Paulette Jourda, à sa fille Danielle, à son fils Pierre, à sa belle-fille Ewa, à sa petite-fille Camille, à la famille et à tous les proches touchés par ce deuil. Patrick Apel-Muller, directeur de la rédaction, et son ancien collègue Jean Rabaté comptent également parmi les messages de soutien et de sympathie rassemblés au journal.

Les obsèques auront lieu jeudi 24 décembre à 11 h 30 au crématorium du Père-Lachaise. Sans fleurs ni couronnes.
L'Humanité, 22 décembre 2015

 

Michel Tartakowsky
Michel Tartakowsky, 1923-2015 (DR, source)

 

- lien : le site des photographies des correspondants de l'Humanité.

 

Michel (Roland) Tartakowsky portrait
Michel (Roland) Tartakowsky

 

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