mardi 4 mars 2008

hommage à Lucien Dupont (fusillé en 1943)

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le résistant Lucien Dupont,

fusillé le 26 février 1943 à Marsannay

Hommage à un résistant
à la mémoire de Lucien Dupont

 L'assistance s'est recueillie devant la nouvelle plaque « rue Lucien Dupont » pour rendre hommage à son courage. photo Didier Mandritch)
L'assistance s'est recueillie devant la nouvelle plaque «rue Lucien Dupont» pour rendre hommage à son courage. photo Didier Mandritch

Lucien Dupont était membre des Jeunesses communistes. Il est passé dans la Résistance à l'âge de 18 ans. Une cinquième plaque a été déposée en sa mémoire à Marsannay-la-Côte

L'amicale des vétérans, la fédération du PCF et la Jeunesse communiste ont rendu hommage au résistant communiste Lucien Dupont, fusillé par les nazis, il y a 60 ans, le 26 février 1943. Engagé dans la Résistance à 18 ans, il fut en 1940, l'un des organisateurs de la Résistance à Dijon et commanda les premiers groupes des Bataillons de la Jeunesse de Côte-d'Or.
«La plaque portant son nom rappelle le sacrifice suprême d'un camarade, a déclaré Marcel Harbelot, président de l'amicale des vétérans du PCF. Cette cérémonie s'inscrit dans l'Histoire locale. Lucien Dupont nous a laissé le message de poursuivre le combat, de rester unis et vigilants face à la remontée des forces bellicistes à travers le monde». «Aujourd'hui, c'est de la vie de nos enfants et petits-enfants qu'il s'agit. Nous sommes des millions pour crier Justice, Paix et Démocratie».
La cérémonie s'est déroulée devant le 67 de la rue Lucien Dupont, en présence de Claude Pinon, adjoint au maire de Dijon et plusieurs autres personnalités comme Claudine Védrine, présidente du Mouvement pour la paix, Bernard Laurencé, directeur de la MJC des Bourroches et du maire de Marsannay-la-Côte, Gérard Laborier, qui a rappelé «Il faut croire à cette paix et faire en sorte qu'elle soit défendue» !

H. F.
source


Marsannay-la-Côte

Hommage au Résistant Lucien Dupont [2008]

À l'initiative de l'Amicale des vétérans du Parti communiste français, s'est déroulée la commémoration du 65e anniversaire de la mort du Résistant fusillé par les nazis, Lucien Dupont. Le 26 février 1943, Lucien Dupont, jeune Résistant communiste de 21 ans, mourait entravé à un poteau d'exécution nazi, fidèle jusqu'au martyre à son engagement et à ses convictions politiques. Cette commémoration d'aujourd'hui s'est accompagnée de l'édition d'une plaquette, témoignages historiques de ses combats, qui permet de mieux comprendre cette époque peu glorieuse de notre histoire.
Cérémonie très émouvante pour Marsannay-la-Côte ou M. Laborier, maire de la ville, a tenu à exprimer toute sa gratitude à l'attachement de la commune pour toutes les cérémonies patriotiques.
À l'issue de cet hommage, Mme Lauthellier, fille de Lucien Dupont, s'exprimait en dédicaçant le livre sur son père.

source

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À Lucien Dupont figure de la Résistance [2007]

 Christiane, fille de Lucien Dupont, au côté de Marcel Harbelot, président de l'Amicale des vétérans et Gérard Laborier, maire de Marsannay-la-Côte, devant le monument aux morts
Christiane, fille de Lucien Dupont, au côté
de Marcel Harbelot, président de l'Amicale de
vétérans et Gérard Laborier, maire de
Marsannay-la-Côte, devant le monument aux morts

«Soyez résistants, soyez citoyens», tels sont les mots prononcés par Marcel Harbelot, président de l'Amicale communiste des vétérans, lors de l'hommage rendu à Lucien Dupont, résistant durant la Seconde Guerre mondiale.
Chaque 26 février, familles et associations d'anciens combattants et victimes de guerre se retrouvent à Marsannay-la-Côte pour observer une minute de silence en l'honneur de Lucien Dupont, fusillé par les nazis en février 1943 au Mont Valérien, près de Paris. En 1940, cet homme fut, comme tant d'autres, l'un des organisateurs de la résistance à Dijon et commanda des groupes des Bataillons de la jeunesse de Côte-d'Or.
Recueillement  et indignation
Le recueillement laisse place à l'indignation. L'indignation qu'un homme déchu, dégradé et responsable de la déportation des nombreux juifs, soit inhumé avec sa légion d'honneur : «Maurice Papon restera un homme qui a porté atteinte aux valeurs de la patrie et de l'honneur» souligne Marcel Harbelot.
Face à ces hommes de trahison, restent des personnes, prêtes à se sacrifier au nom de la liberté : « Ces résistants, défenseurs de la nation, de la civilisation face à la barbarie nazie, méritent ce devoir de mémoire et que l'on rappelle aux jeunes une histoire trop souvent ignorée », confie le maire.
«Dans un monde de conflit, d'incompréhension entre les générations, les origines, l'homme doit devenir le centre de toute décision politique. Nous devons continuer à nous battre contre l'injustice et la fatalité d'un monde ébranlé par les horreurs d'un passé si lourd. La nuit noire semble présager l'aurore», conclut M. Harbelot.

Charlène RAVERAT

Amicale des vétérans du PCF, 3 place Abbé-Chanlon 21000 Dijon
tél. 03.80.53.11.35

- cf. aussi hommage du 26 février 2007

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vendredi 29 février 2008

Des oublis à réparer (Max Weinstein)

FTP_Moi___Fresnes

              

Des oublis à réparer

Max WEINSTEIN

ancien résistant de l’Union de la jeunesse juive
et ses groupes de combat (zone Sud) (*)

            

Le documentaire sur la Résistance, diffusé mardi soir 19 février soir sur France 2, s’il était plein de bonnes intentions, n’a pas donné la réalité des événements tels qu’ils se sont passés. Parler du sauvetage des enfants juifs à partir des dirigeants de l’UGIF (Union générale des israélites de France) me semble réducteur. C’est oublier que l’UGIF a été constituée à l’initiative de l’occupant nazi, tout comme le Judenreich en Allemagne. Même et y compris si certains des dirigeants de l’UGIF espéraient s’en servir pour la bonne cause - la défense et la sauvegarde des familles juives -, la réalité, qui n’apparaît pas tellement dans le document, a fait que les fichiers constitués ont été utiles aux Allemands et à la police française pour accentuer la répression contre les familles juives, les arrêter et les déporter.

Ce documentaire est réalisé de telle sorte qu’on a l’impression que la population française s’est dès le début de l’occupation portée au secours des juifs. On a aussi l’impression que la résistance à l’ennemi et ses soutiens s’est développée sans attendre, ce qui est faux. Il a fallu du temps à ceux de la société française qui voulaient résister pour s’organiser, mettre en place les réseaux. La révolte des mineurs du Nord de la France est montrée comme un phénomène spontané alors que les militants communistes en étaient les initiateurs et dirigeants.

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l'affiche Rouge sur un mur de Paris
en 1944
(source)

C’est tout du même tonneau dans cette émission : éviter d’avoir à faire connaître le rôle qu’ont joué les communistes dès l’entrée des armées nazies en France. C’était aussi une façon d’éviter d’avoir à évoquer le rôle important des communistes juifs de la MOI (Main-d’oeuvre immigrée) dès le début de la guerre. Ils en ont payé le prix fort.                

Ce documentaire, tout à fait dans la ligne des campagnes qui ont visé à minimiser la résistance des communistes depuis de longues années, les reprend à son compte en la faisant partir de l’invasion hitlérienne de l’URSS. Je ne sache pas qu’il y ait eu un seul autre parti, en tant que tel, qui se soit engagé comme l’a fait le PCF.

De plus, il ignore complètement, en faisant la part belle aux Éclaireurs israélites de France et autres mouvements, l’action décisive des résistants de l’UJRE (Union des juifs pour la résistance et l’entraide) pour le sauvetage des enfants, en particulier, le coup de Vénissieux dont il est largement fait écho. Ma tante Sabine, actuellement en Israël, âgée de quatre-vingt-quatorze ans, qui fut de ces femmes de l’Union des femmes juives clandestine à participer à cette action formidable, serait sans doute indignée de cette partialité.

Et puis, parler de Mgr Salièges et de sa lettre pastorale, sans citer le nom de celui qui lui avait rendu visiteCharles_Lederman pour l’alerter sur la situation des juifs, Charles Lederman, un des dirigeants de l’OSE (Oeuvre de secours à l’enfance), sous prétexte sans doute qu’il était un militant communiste, est un scandale. Ce scandale à propos de Charles Lederman [ci-contre] est fréquent et bien des historiens se gardent bien de le citer lorsqu’ils abordent cette question.

Le regard révisionniste qu’ont porté sur l’histoire de ce temps les réalisateurs de ces films laisse mal augurer de ce que vont être les quatre films qui vont être projetés sur France 5. En tant qu’ancien résistant, communiste d’origine juive, je sais que la Résistance n’est pas l’apanage des seuls communistes, qu’elle fut multiforme.

Au fur et à mesure des mois, elle s’est organisée, elle a grandi. Laisser entendre, comme on pourrait le croire à la vue du documentaire, que les Français se sont engagés dès l’abord dans la Résistance ou dans son soutien est une façon erronée d’écrire l’histoire. Je me souviens encore de la foule énorme qui est venue acclamer Pétain peu avant le débarquement du 6 juin 1944 sur la place des Terreaux à Lyon, où je me trouvais. Il y a eu des résistants, certes, mais les juifs avaient plus de raisons que d’autres de se méfier et de s’engager dans la lutte contre l’envahisseur. Ce qui fut le cas, dès avant l’occupation allemande, par la création par les juifs de la MOI du mouvement Solidarité, puis, par la suite, des organisations de résistance active que furent l’UJRE, l’UJJ (Union de la jeunesse juive), l’UFJ (Union des femmes juives).

Je n’oublie pas les groupes de FTP de la MOI où les jeunes juifs, aux côtés d’autres antifascistes, firent merveille. Cela ne diminue en rien les mérites des dirigeants du comité Amelot dans lequel figuraient aussi des communistes juifs. Sans doute n’est-il pas dans l’air de notre période de reconnaître enfin sans réticence, sans a priori et sans arrière-pensées ce que fut le rôle des communistes dans la résistance à l’ennemi, dès l’occupation de notre territoire, sans négliger pour autant la Résistance dans son ensemble et sa diversité.              

(*) vice-président de MRJ-MOI
tribune libre parue dans l'Humanité
le 29 février 2008


- Max Weinstein, conférence d'Annecy, 5 février 2003

- statuts de l'association Mémoire des Résistants juifs de la MOI


ftp_moi___Marseille
FTP-Moi à Marseille le 29 août 1944
(source)

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dimanche 17 février 2008

communistes du Cher morts pour la France (2002)

Maurice_Renaudat
allocution de Maurice Renaudat


Hommage aux 150 communistes du Cher

morts pour la France


Chaque année la Fédération du Cher et la section de Bourges du PCF rendent hommage aux 150 communistes du Cher morts fusillés, sous la torture, en déportation ou dans les combats de la Libération lors de la Deuxième Guerre mondiale.

Ce mardi 3 septembre 2002 après l’hommage rendu à René Cherrier à 17h au cimetière du Lautier, et à Marcel Cherrier et Gaston Cornavin à 17h30 au cimetière des Capucins, Maurice Renaudat, Président de l’amicale des vétérans du PCF, ancien résistant prononça l’allocution suivante.

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En ce 58ème anniversaire de la Libération nous sommes réunis pour rendre hommage aux communistes du Cher morts pour l’indépendance de notre pays et la restauration d’une République que les hommes de Vichy avaient fait à la faveur de la défaite de juin 1940.

Cet hommage nous l’adressons aussi à tous les patriotes, ceux de la résistance de l’ombre, ceux des maquis, ceux des FFL qui avaient rejoint De Gaulle.

Rendons hommage également aux soldats alliés anglo-américains qui sont venus mourir loin de leur patrie pour la liberté, et les soldats soviétiques, dont les vicissitudes qu’a connues et que connait encore leur pays ne doivent pas nous faire oublier les 20 millions qui sont morts pour écraser le nazisme.

Chers amis, il est de bon ton aujourd’hui de parler des défauts, des erreurs des communistes. Ceux dont les noms figure sur cette stèle en ont certainement commis aux yeux de nos censeurs, et pourtant qu’elle clairvoyance ont manifesté ces hommes et ces femmes dont le parti - en tant que parti - fut le seul à aider les républicains espagnols agressés par Hitler et Mussolini, comme il fit le seul à dénoncer l’infâme accord de Munich qui livrait la Tchécoslovaquie à l’Allemagne. Si on avait écouté les communistes en 1938-39 au lieu de les emprisonner, peut-être aurait-on évité le cataclysme qui a déferlé sur le monde.

Après la défaite, alors que le général De Gaulle appelait de Londres à garder confiance dans l’issue de la guerre, le PCF fut, la encore le seul parti à mobiliser ses forces pour faire la clarté. L’appel dit du 10 juillet 1940 dénonçait les responsables du désastre et affirmait que la France voulait vivre libre et indépendante. Ceux qui se taisaient à l’époque, quand ils n’encensaient pas Pétain ont beaucoup critiqué l’appel au peuple de France signé par Maurice Thorez et Jacques Duclos.

Ce texte dit-on était peu convaincant face à l’appel prophétique du Général De Gaulle. Daniel Cordier qui fut secrétaire de Jean Moulin souligne cependant que cet appel comparé au silence des républicains de tous bords eu le mérite de "briser le consensus béat et contrit qui s’établissait autour de Pétain et de son gouvernement". Daniel Cordier affirme "qu’en appelant les Français à prendre leur destin à bras le corps, en livrant la bataille des revendications sociales, les communistes ont contribué à arracher les Français à leur apathie" en les dressant contre le "mea culpa" et les résignation générale pronée par Pétain.


Résistance communiste dans le Cher

Ce qui est sûr c’est que les communistes du Cher ont parfaitement compris qu’il fallait lutter contre Vichy et contre l’occupant allemand. Diffusant des tracts, organisant des actions revendicatives, ils deviennent très vite la cible de la répression et s’il est bien une chose qui ne peut être contesté, c’est dans leur rang que la Résistance berrichonne compta ses premiers martyrs.

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Pierre Ferdonnet et Christophe Raynault
déposant la gerbe

Voilà 60 ans, en 1942, au mois de mai qu’étaient fusillés André Giraudon, Lucien Chailloux, Jacques Massé, Jean Loth, Jacques Rivet, Maurice Lelièvre, Roger Leclerc, Roger Thebault, puis Gabriel Godard, André Bavouzet, Marcel Bidaud. C’est le 6 juillet 1942, qu’Albert Kayser, Louis Buvat, Roger Rivet et plusieurs autres camarades du Cher furent déportés à Auschwitz où les nazis les firent périr immédiatement. C’est aussi au début 1942 que Marcel Cherrier va installer en forêt d’Allogny le 1er maquis avec Louis Chevrin, Roger Melnick, Henri Jacquet, Girardot, Antonin Lérault (fusillés en 1943) et organiser les premiers sabotages. Après aux, prenant la relève il y aura tous ceux dont les noms figurent sur cette stèle.

Rendant hommage aux communistes, je n’oublie pas qu’en 1942, des prêtres sont arrêtés pour leur hostilité à l’occupant et que des militants socialistes recherchaient des contacts pour créer d’autres mouvements de résistance. Peut-on oublier que ce sont les sacrifices de tous ces patriotes qui ont permis de rétablir la souveraineté nationale, mais aussi la démocratie avec le retour de la République.

Le CNR avait établi un programme et quand on voit aujourd’hui les méfaits de la mondialisation, et le rôle néfaste des grandes sociétés capitalistes, je me dit que le programme du CNR avait mis le doigt là où il fallait, en préconisant une véritable démocratie économique et sociale, implquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie, et en demandant le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous sol, des compagnies d’assurance et des grandes banques. Les nationalisations ont permis la reconstruction rapide du pays. Et dans une France sortant de 5 années de guerre on a pu mettre en plce des mesures sociales également prévues par le programme du CNR comme la sécurité sociale et le financement de la retraite des vieux travailleurs.

Aujourd’hui la mode est aux privatisations. On redonne aux financiers les sociétés nationales surtout lorsqu’elles font des bénéfices. On dira que le monde a évolué, mais je vois toujours face à face les privilégiés qui détiennent les richesses et ceux qui, même s’il n’en ont pas conscience, sont obligés de leur vendre leur force de travail, même si souvent ils ne trouvent plus à la vendre et vont constituer l’armée des sans emplois.

Et nous trouvons là la cause des difficultés qui favorisent la renaissance d’idées et de comportements que les résistants ont combattu.
Quand un jeune d’extrême droite tire sur le Président de la République, on peut dire qu’il a la tête dérangée ; quand à Bourges d’autres peignent une brassard à croix gammée et la mèche de Hitler sur le Monument de la Résistance, on peut encore prétendre qu’ils sont drogués ; mais quand l’idéologie qui oriente leurs actes, reçoit le soutien de 5 millions et demi de Françaises et de Français, il faut s’alarmer sur les dangers que court la Démocratie.

Lorsque les Allemands ont voté pour Hitler, ils ne pouvaient pas prévoir comment ça se terminerait et qu’eux aussi seraient victimes. Aujourd’hui on sait comment cela s’est terminé pour tous les peuples. Parce qu’on est mécontent, et il y a bien des raisons de l’être, a-t-on réfléchi au péril que l’on fait courir à la Démocratie en votant pour un homme qui n’a jamais caché ses sympathies pour les nazis et qui professe le racisme et la xénophobie à l’égard de ceux qui nous sont différents. Il y a là une lutte à mener contre une démagogie dangereuse qui gagne du terrain dans toute l’Europe. Une démagogie d’autant plus facile que sont délaissées les notions de solidarité pour cultiver l’individualisme et l’égoïsme.

Une partie des populations lassées par les difficultés engendrées par une société toute entière axée sur le culte de l’argent, se désintéresse de la vie publique, tandis que d’autres accordent de plus en plus de crédit aux idées d’extrême droite. N’oublions pas les leçons de l’histoire, Hitler est arrivé au pouvoir dans une Allemagne comptant 5 millions de chômeurs et 34% d’abstention lors des élections de 1933. Lui aussi clamait "L’Allemagne aux Allemands". Il désignait les juifs comme responsables des maux du peuple allemand. Il promettait d’éradiquer le chômage, de favoriser la famille, de rétablir l’ordre. Les opposants se retrouvèrent dans les camps de concentration qu’ils durent construire eux-mêmes. 10 ans plus tard l’Europe était soumise au joug de la barbarie nazie et cela s’est terminé par 50 millions de morts.

Les élections présidentielles sont un avertissement sévère dont il faut tenir compte, car les causes du mécontentement trouvent leurs origines dans la mondialisation de l’économie qualifiée de "libérale" basée sur le culte de l’argent qui est en totale contradiction avec les besoins des populations. La mondialisation ne peut qu’aggraver la situation en augmentant le nombre des exclus, tant le 1/3 monde que dans le 1/4 monde. C’est bien l’orientation prise par le nouveau gouvernement qui multiplie les cadeaux aux riches et serre la vis au peuple d’en bas. Cela promet sans doute de proches combats économiques et sociaux pour les salariés et les retraités.

Mais il est un autre combat qu’il faut avoir le courage de mener contre le racisme rampant s’installe dans notre pays. Au coeur des évènements de ce printemps la réaction d’une grande partie de la jeunesse fut réconfortante. Elle contribua grandement à la puissante mobilisation du 1er mai et au rejet de Le Pen. Elle m’a fait penser à la manifestation des étudiants sur les Champs Elysées le 11 novembre 1940. Les témoignages des anciens résistants, des anciens déportés dans les collèges et les lycées ont-ils contribué à cette prise de conscience ? Ils n’y sont sans doute pas étrangers, et cela nous encourage à poursuivre ce dialogue avec la jeunesse.

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minute de silence devant la stèle


Transmettre la mémoire

Transmettre la mémoire, c’est le but que s’est fixé le musée de la Résistance et de la Déportation de Bourges et du Cher. En collaboration avec le Centre de Documentation Pédagogique Départemental, il édite un livre sur la Résistance dans le Cher qui paraîtra début novembre [1]. Livre d’histoire qui évoque le destin de Berrichonnes et de Berrichons qui ont su s’opposer à l’asservissement de la France et à une honteuse collaboration. Il explique l’attitude des partis politiques, des syndicats et des forces spirituelles qui seront représentées en 1944 dans les comités de Libération. Une large place est faite à la création des mouvements de résistance, au STO, à la répression, à l’action des maquis qu’il s’agissent de la reddition des 20000 hommes de la colonne Elster - l’un des hauts faits d’armes de la résistance nationale - ou des multiples combats sur les routes du Cher.

En conclusion je voudrais vous lire ce qu’écrivait le préfet du Cher dans son rapport de janvier 1943 à propos des communistes :

"il serait vain de croire que ce parti demeure inactif. Traqué il continue son action, soutenu par une foi sans égale dans la destinée des soviets. Les succès récents marqués par les armées russes confirment leurs espoirs et leurs donnent une force nouvelle. Dans l’ombre et dans le secret, mieux gardés que jamais, ils s’organisent de plus en plus et se réorganisent lorsque leurs chefs leur sont ravis. Jamais parti, en proie cependant aux risques les plus grands, n’a montré une telle force de vitalité et de reconstruction."

Quel bel hommage - involontaire - à nos camarades par l’homme chargé d’organiser la répression contre eux !

Maurice Renaudat
source

[1] Vous pouvez vous procurer ce livre par souscription auprès du Musée de la Résistance et de la Déportation de Bourges et du Cher

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- cérémonie du 7 septembre 2004

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