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le 11 février 2007


Janine Cordaillat

Janine Cordaillat s'est éteinte le 8 juin. Elle nous quitte après une vie d'une très grande richesse.

Résistante de la première heure dans la Loire, le Rhône, l'Ain, militante communiste intègre, dévouée, disponible au service de tous, combattante de tous les instants sur tous les terrains.

D'une très grande culture, elle était l'ami de Roger Vailland, Jo Vareille, René Ballet, Henri Bourbon entre autres.
Elle apportait ses connaissances, sa réflexion, inlassablement à tout son entourage. Ses rapports avec tous, ses débats pertinents vont cruellement nous manquer.

Très attentive à la jeunesse, elle ne manquait pas une discussion avec elle, une manif, un contact avec les jeunes, une aide, une réflexion politique. Elle avait conservé la fougue de sa jeunesse.

Pendant des années elle a été d’un très grand apport politique à notre direction fédérale de l’Ain. Même après avoir quitté ses responsabilités. Intraitable sur les questions de la santé publique, elle a été de toutes les luttes sur le plateau d’Hauteville et au plan national puisqu’elle participait à la réflexion nationale sur ses questions. Y compris pendant toute sa maladie elle a eu un apport et des échanges avec les Professeurs et médecins qui la soignaient.

Prolixe dans tous les débats, quelques soient les thèmes abordés, sur tout les aspects de la vie, de la société, elle était fraternellement redoutable.

Adieu Janine notre camarade, adieu mon amie.

Guy Jacquin

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témoignage de Bernard Burato, 9 juin 2009 à 10 h 20

Chers camarades, chers amis

J’ai la douleur de vous faire part de la disparition de notre camarade Jeanine. Sa crémation aura lieu dans l’intimité à Lyon cette semaine Une cérémonie de dispersion des cendres aura lieu ultérieurement. Je ne dispose pas d’autres éléments pour l’instant Nous venons de perdre une grande dame de l’histoire de notre parti .

Toute sa vie aura été marquée par son combat pour la justice la dignité et l’humanisme. Par sa défense acharnée de principes qui fondent notre combat elle a souvent été présentée comme une gardienne du temple. Elle était tout son contraire, ouverte aux autres, à l’écoute des différences et d’un humanisme qui interpellait ceux qui la côtoyaient vraiment. Nous continuerons son combat

Un jour pourtant Un jour viendra Couleur d’orange Un jour de palmes Un jour de feuillages au front Un jour d’épaules nues Où les gens s’aimeront Un jour comme un oiseau Sur la plus haute branche.

Bernard Burato
secrétaire de la section du PCF

témoignage de Vincent Duthel, le 9 juin 2009 à 12 h 31

Que ce soit par sa présence ou son souvenir, Jeanine était et sera toujours pour nous tous  l’exemple de la volonté, de la ténacité, de l’engagement, du militantisme.

Vincent

 

témoignage de Jean-Pierre Merlo, le 9 juin à 12 h 36

Chères et chers camarades,

Si ma compagne Catherine et moi avons un lien affectif avec vous, avec Hauteville et le plateau c’est à l’amitié de Jeanine que nous le devons. Depuis des dizaines d’années pour certains d’entre nous nous vivions avec cette communiste hors du commun, présente dans tous les combats, attentive à toutes les campagnes et encore pour les dernières sénatoriales, défendant nos idées avec sa dernière Huma en prenant un café chaque jour au bistrot tant qu’elle en eut la force.

Nous nous souvenons de toutes ces campagnes législatives, de nos réunions chez elle, de nos quelques séjours à Cormaranche. Pour ma première campagne législative Jeanine m’avait fait découvrir Hauteville et les villages alentour, les vieux bistrots, une vieille dame de St Rambert héroine d’un roman de Roger Vailland, Jeanine devint une amie intime, on se téléphonait régulièrement.

Jeanine était aussi une grande intellectuelle, les murs de sa maison de Cormaranche sont tapissés de bouquins, elle admirait Roger Vailland. Je le la taquinais parfois en lui demandant de nous parler plus de sa relation avec lui. Jeanine anima longtemps l’association des amis de Roger Vailland.

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Cormaranche

En plus de la militante indomptable et jusqu’au boutiste qui se donnait à fond sur des sujets comme la filière bois, les hôpitaux, la mémoire de la Résistance et des enfants d’Ysieux. Jeanine était une amie des artistes. Jeanine organisa plusieurs fois des expositions de sculpture en plein air.

Quand on se voyait ou se téléphonait elle avait toujours un mot gentil pour Catherine qui est sculpteure et me disait : tu sais il faut prendre soin des artistes ils sont fragiles et sensibles. Je me souviens d’une réunion où Jeanine était venue il y a deux ans à Saint-Genis-Pouilly avec d’anciens résistants du CERN dont Herbert Herz ancien de la MOI, Marcel Vivargent et Albert Girardet.

Dans la dernière période au milieu de ses souffrances qu’elle surmontait avec humour, "tu sais je suis toujours là me disait-elle", Jeanine a pu voir les progrès du parti sur Hauteville. Vous les nouveaux adhérents, vous êtes aussi le fruit même indirect de son travail de conviction inlassable de toutes ces années.

C’est une grande peine d’apprendre la fin de Jeanine. Mais on est content d’avoir pu côtoyer une telle personnalité même si par moment sa ténacité à aboutir ou à défendre son point de vue pouvait un peu déranger. Mais Jeanine était intelligente et savait entendre les autres.

Nous devrons nous y faire il ne sera pas possible de retrouver une autre Jeanine. C’est aussi ce qui fera la force de son souvenir et qui fortifiera notre conviction de lutter même autrement pour un monde meilleur.

Chers amis, transmettez ma sympathie et mes pensées à la famille de Jeanine, à sa nièce proche.

Avec toute mon affection.

Jean-Pierre Merlo

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témoignage de Katia Philippe, le 9 juin 2009 à 15 h 12

Je serai présente aux funérailles ce vendredi 14 h 45. J’ai pu rendre visite une dernière fois à Jeanine le jeudi 4 juin, le lendemain de son hospitalisation à Lyon-Sud. François Auguste était avec moi.

source : site de la Fédération de l'Ain du PCF

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Roger Vailland (1907-1965)


La dame du Grand Liaz ne descendra plus aux Rencontres

Les Amis de Roger Vailland viennent de perdre leur pionnière, car enfin les plus jeunes d’entre nous n’étaient pas encore nés que Jeannine Cordaillat était déjà l’amie de Roger Vailland. Pour les uns, c’était «Jeannine», la «copine» ; pour les autres, «Madame Cordaillat» mais, pour tous, c’était une «dame», avec le parfum aristocratique de ce terme. Et Jeannine avait effectivement suivi la filière de formation d’une nouvelle aristocratie.

Une adolescence dans le bassin métallo-minier de Saint-Étienne, puis la résistance dans la Loire, le Rhône et l’Ain au gré des réseaux et de la répression, puis le parti communiste ; la «grande filière» comme d’autres le disent de l’ENA. Une riche école – Mes universités, disait Maxime Gorki – initiatrice à tous les sens du terme. Lors d’une Rencontre Roger Vailland à Bourg-en-Bresse, à un lycéen lui demandant : «Ce devait être dur la Résistance ?», Jeannine répondit : «Oui et non. Le danger, la peur de la torture, de la mort mais il y avait des compensations, une liberté anticipée ; on n’a jamais autant fait l’amour que pendant cette période.»

La route du Grand Liaz où habitait Jeannine au-dessus de Cormaranche, au cœur du plateau était devenue un important nœud de communication (automobile et idéologique). Auraient pu s’y croiser les voitures de Jo Vareille, journaliste du journal de la Résistance, Les Allobroges, Roger Vailland – le libertin rouge, Henri Bourbon – le bolchevik et aussi celles des permanents de la «fédé» de Bourg-en-Bresse, de dirigeants nationaux du «parti». Ces «hautes fréquentations», comme elle disait en se moquant d’elle-même, ne lui faisaient pas négliger le «travail de base».

Il y a quelques mois encore, chaque matin, sitôt levée, Jeannine allait prendre un café au bistrot de Cormaranche en y lisant le quotidien local ; je vais «tenir ma permanence», disait-elle. On y venait de loin (géographiquement et politiquement) pour lui parler, lui poser des questions, demander une explication ou de l’aide.

D’où que l’on vienne, de près ou de loin, de droite ou de gauche, ce n’était jamais en vain. Rentrée chez elle, Jeannine plongeait dans «sa soute», une grande pièce comble de livres, de brochures, de feuilles noires de notes sous le feu d’une radio qui crachotait en permanence et d’un téléphone qui crépitait en rafales avec, au milieu, un fastueux escalier en marbre de Carrare construit et offert par des «camarades» italiens.

Il n’y aura plus de «permanence» au bistrot de Cormaranche. De loin j’entends les regrets des habitués. «La dame du Grand Liaz n’allait jamais à la messe, soupire une vieille croyante, mais elle mériterait bien de monter tout droit au ciel.» «Elle ne se serait pas laissée balader, la Jeannine, corrige un camarade, elle savait bien que dieu ne lui aurait pas ouvert la porte. Le diable non plus. Il la savait trop proche des damnés de la terre… et d’ailleurs. Elle aurait fini par foutre la pagaille dans son affaire.»

René Ballet

source : site Les Amis de Roger Vailland

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C’est avec beaucoup de peine que nous vous avons appris le décès de notre camarade et amie Jeanine Cordaillat. Jeanine pour nous est une figure militante communiste, militante de la culture,  qui a marqué  notre propre vie militante. Grande gueule certes, nous la voyons la  «clope au bec» et entendons« sa voix éraillée» nous dire «hein….tu vois…».
Son image est aux portes des entreprises au petit matin, elle est aussi dans l’amitié avec Roger Vaillant qu’elle  inspira  dans Beau Masque, dans son amour pour Aragon, dans sa fidélité à la résistance qu’elle fit dans cette région de haute résistance où elle repose désormais…
Infatigable, elle était pour nous solide comme un roc…Depuis quelques années  elle était malade mais avec courage  elle continuait d’appeler à la section pour savoir comment  «ça se passait à Vitry» et jusqu’au bout du possible elle est venue à la fête de l’Huma.
Celles et ceux d’entre nous qui l’ont connu sont tristes parce que cette personnalité forte était tellement attachante dans ses excès et sa fougue… Jusqu’au bout rebelle et anti conformiste.
À sa famille, à ses camarades de l’Ain, au nom des communistes de Vitry nous adressons nos condoléances attristées.

Fabienne Pourre
secrétaire de section de Vitry sur Seine
source

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